Santé & Démographie16 mars 20267 min

La Gen Z masculine : entre modernité et valeurs traditionnelles

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La Gen Z masculine : entre modernité et valeurs traditionnelles

Ce que l'étude Ipsos 2026 mesure

Selon une étude mondiale Ipsos de 2026 menée dans 29 pays, 31 % des hommes de la Génération Z estiment qu'une femme devrait toujours obéir à son mari. Ce chiffre révèle une adhésion notable à des rôles de genre traditionnels au sein de cette jeune génération, contrastant avec les perceptions souvent associées à la modernité de la Gen Z [1].

L'étude a interrogé plus de 24 000 personnes dans 29 pays, avec une représentation équilibrée entre hommes et femmes, et entre différentes tranches d'âge. Les résultats permettent de comparer les attitudes de la Gen Z (nés entre 1997 et 2012) avec celles des générations précédentes, notamment les Millennials et les Baby Boomers [1].

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Une génération qui cumule des vues modernes et des attentes traditionnelles

Les données révèlent une coexistence paradoxale. D'un côté, les hommes de la Gen Z sont les plus susceptibles de trouver les femmes ayant une carrière réussie attirantes, avec 41 % d'entre eux partageant cette opinion, contre 27 % des Baby Boomers des deux sexes [1]. De l'autre, ils sont aussi les plus enclins à croire qu'une femme doit obéir à son mari.

Cette dualité indique une renégociation complexe des rôles de genre. Modernité et tradition s'entremêlent, créant de nouvelles tensions. Les attentes plus traditionnelles des hommes de la Gen Z ne se limitent pas aux femmes. L'étude révèle que 30 % d'entre eux pensent que les hommes ne devraient pas exprimer ouvertement leurs sentiments, et 43 % estiment que les jeunes hommes devraient chercher à être physiquement robustes, même s'ils ne sont pas naturellement grands [1].

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Ce que l'échantillonnage de l'étude ne permet pas de généraliser

L'étude présente des limites méthodologiques importantes. Elle a été menée en ligne, ce qui signifie qu'elle surreprésente les populations connectées. Pour certains pays (Brésil, Indonésie, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, etc.), les échantillons sont plus urbains, plus éduqués et plus aisés que la population générale [1].

La « moyenne globale par pays » reflète la moyenne des résultats pour tous les pays sans ajustement à la taille de la population. Elle n'est pas destinée à suggérer un résultat total mondial. Ces spécificités de l'échantillonnage peuvent introduire des biais significatifs et limitent la généralisation des résultats à l'ensemble de la population mondiale de la Gen Z [1].

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Pourquoi ces résultats appellent un dialogue, pas une condamnation

Kelly Beaver, PDG d'Ipsos au Royaume-Uni et en Irlande, souligne cette « dualité intéressante » chez les hommes de la Gen Z. Ils sont à la fois les plus susceptibles de trouver les femmes ayant une carrière réussie attirantes et, simultanément, les plus enclins à croire qu'une femme doit obéir à son mari [1].

Cette complexité indique que l'adhésion aux rôles traditionnels n'est pas monolithique et coexiste avec des vues plus modernes. Le professeur Heejung Chung, directeur du Global Institute for Women's Leadership, exprime sa préoccupation face à la persistance des normes de genre traditionnelles et à la pression sociale perçue, en particulier chez les hommes de la Gen Z. Cette situation appelle à une analyse approfondie des facteurs socio-culturels qui influencent ces perceptions, notamment l'exposition aux médias, les dynamiques familiales et les interactions entre pairs [1].

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